FOI, TRAVAIL…ET RÉALITÉ : LA CLÉ DE LA RÉUSSITE
La seule chose qui développe le monde, qui enrichit, c’est le travail. La religion, les croyances, ne sont là que pour fixer des limites morales, donner des sources de motivation, proposer quelque chose à quoi s’accrocher quand on ne sait plus quoi faire.
Par Hermann Defyh

Les dirigeants ne parlent que de pouvoir
Les gens qui se radicalisent, qui se divisent, qui stigmatisent les autres à cause de leurs religions n’ont encore rien compris.
Au sommet du monde, les hommes qui dirigent, qui dominent, ne parlent pas religion. Ils parlent pouvoir. C’est vrai, pour diriger un peuple, des millions de gens, les croyances sont un bon moyen. Mais eux-mêmes ne s’y trompent pas.
Prôner le retour aux sources de l’Afrique est important. Souhaiter que nous sortions des religions exportées, coloniales, est une réalité. Je suis particulièrement sensible et engagé dans la préservation de nos langues, de nos traditions, de nos us et coutumes.
Mais il est encore plus essentiel de lutter pour le changement de mentalités de nos peuples et de nos dirigeants, de mettre en avant la valeur du travail, de la collaboration, de l’effort collectif.
La vraie religion c’est le Travail
Les pays forts ne se sont pas développés parce qu’ils croyaient ou non en un Dieu quelconque, mais parce qu’ils ont travaillé, systématiquement, méthodiquement.
Une vraie révolution économique et industrielle a lieu en ce moment au Burkina Faso, qui est pourtant un pays musulman et chrétien. C’est la preuve que ce qui compte, c’est l’état d’esprit et les stratégies mises en place, pas à qui l’on adresse ses prières.
Avec l’accès à l’information, internet et toutes les opportunités du monde moderne, penser que le christianisme, le bouddhisme, l’islam, l’animisme, le kemitisme ou tout autre courant spiritualiste est la solution ou la cause d’un problème de développement est simplement une fuite en avant. C’est le raisonnement de ceux qui passent leur temps à chercher des coupables, des excuses, au lieu de se remettre en question et de travailler d’arrache-pied.
Les croyances ne construisent pas les routes
Dans toutes les religions, dans tous les courants de pensée du monde, il y a des gens qui réussissent et d’autres qui échouent. Il y a des riches et des pauvres. Ce n’est donc certainement pas l’intensité ou la ferveur des prières qui en est la cause, mais plus probablement l’ardeur au travail.
Bien sûr, le travail seul ne suffit pas. Il a besoin d’infrastructures, d’institutions stables, d’un accès aux marchés. Mais sans travail, rien de tout cela ne se construit. Les croyances, elles, ne construisent pas les routes.
Alors, je veux bien pratiquer un syncrétisme religieux, à condition d’en tirer partout des notions qui me permettront de vivre en harmonie avec les autres êtres humains, et surtout de déployer toute la force et le potentiel qui sont en moi, afin de ne jamais manquer de rien. Dans toutes les religions, je puise ce qui m’intéresse et je l’assimile à mes traditions, à ma culture.
S’adapter aux réalités contemporaines
Je ne peux pas nier que nos coutumes ancestrales sont aujourd’hui difficiles à transmettre. Le monde moderne va vite, elles ne sont souvent pas écrites, et elles ont volontairement été diabolisées au fil des siècles. Mais aujourd’hui, on le sait : quasiment toutes les cultures du monde ont de nombreuses similitudes, si elles ne sont pas toutes liées.
Tant pis pour ceux qui se contentent de critiquer ou de tenter de ridiculiser les autres, soit-disant parce qu’ils auraient le cerveau lavé par des doctrines importées. Je doute que ce soit la meilleure façon de les inciter à retrouver leurs racines.
À la fin, nous finirons tous en poussière.
Alors en attendant, travaillons.
Hermann Defyh
Chroniqueur indépendant, Observateur des dynamiques culturelles et sociales
Laisser un commentaire