FÊTE DES PÈRES : DE LA TRADITION À LA POPULARITÉ
Fête des pères, une tradition ancienne devenue populaire.
Chaque année, au mois de juin, les pères sont à l’honneur. Dessins d’enfants, cadeaux, repas en famille ou simples attentions marquent cette journée devenue un rendez-vous incontournable du calendrier. Pourtant, derrière cette célébration que beaucoup associent aujourd’hui à une opération commerciale, se cache une histoire bien plus ancienne.
Quelle est l’origine de la fête des pères?
Peu de gens connaissent l’histoire de cette célébration. Pourtant, la fête des pères n’est pas née d’une impulsion marketing : ses origines plongent avant tout dans les traditions religieuses et sociales, bien avant qu’elle ne trouve sa place dans nos calendriers modernes. Dès le Moyen Âge, certaines figures paternelles commencent à être mises à l’honneur. Notamment à travers le culte de Saint Joseph, discret mais important. Au fil des siècles, la fête évolue, change de forme et traverse les frontières.
Les premières traces au Moyen Âge : la figure de saint Joseph
À la fin du Moyen Âge, les pères commencent timidement à sortir de l’ombre, portés par une figure discrète mais symbolique : celle de Saint Joseph, père nourricier de Jésus. Moins populaire que la Vierge Marie, Joseph n’en reste pas moins un repère de droiture, de travail et de protection. C’est autour du 19 mars, jour de sa fête dans le calendrier catholique, qu’émergent les premières formes de reconnaissance paternelle. Notamment, dans les pays très imprégnés de tradition chrétienne comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie.
Du culte religieux à la reconnaissance sociale des pères
Ce n’est qu’au fil des siècles que la célébration dépasse le cadre religieux. Le père devient peu à peu une figure sociale, reconnue non seulement pour son autorité, mais aussi pour sa place affective dans le foyer. Aux États-Unis, c’est au début du XXe siècle que la fête prend une tournure moderne, à l’initiative de citoyens et de commerçants souhaitant équilibrer la reconnaissance entre mères et pères.
Une institutrice américaine à l’origine de la fête moderne
La fête des pères telle que nous la connaissons aujourd’hui est toutefois née de l’autre côté de l’Atlantique. Au début du XXe siècle, une Américaine nommée Sonora Smart Dodd souhaite rendre hommage à son père, William Jackson Smart. Ancien combattant de la guerre de Sécession, celui-ci avait élevé seul ses six enfants après le décès de son épouse.
Inspirée par la récente création de la fête des mères, Sonora Smart Dodd estime que les pères méritent eux aussi une journée de reconnaissance. Grâce à son initiative, une première célébration est organisée le 19 juin 1910 à Spokane, dans l’État de Washington.
L’idée séduit progressivement les Américains. Pourtant, contrairement à la Fête des mères, la Fête des pères met plusieurs décennies à s’imposer. Ce n’est qu’en 1966 que le président Lyndon B. Johnson proclame officiellement le troisième dimanche de juin comme journée nationale des pères. Quelques années plus tard, en 1972, le président Richard Nixon inscrit définitivement cette célébration dans le calendrier américain.
Depuis, la tradition s’est largement diffusée à travers le monde, avec des dates variant selon les pays. En France, au Canada, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, la Fête des pères est célébrée en juin. Dans certains pays de tradition catholique, elle reste associée à la Saint-Joseph du 19 mars. Dans plusieurs pays asiatiques, les dates diffèrent également selon les coutumes locales.
Le rôle inattendu d’un fabricant de briquets en France
L’histoire de la Fête des pères possède une particularité souvent méconnue. Si l’idée d’honorer les pères existait déjà, sa popularisation doit beaucoup à une entreprise française. À la fin des années 1940, Marcel Quercia dirige la société bretonne Flaminaire, spécialisée dans la fabrication de briquets à gaz. Cherchant à dynamiser ses ventes durant une période traditionnellement calme, il lance une campagne publicitaire inédite autour de cette célébration.
À cette époque, offrir un briquet apparaît comme un cadeau valorisant. Le tabac fait partie du quotidien et fumer est socialement accepté. Les affiches publicitaires fleurissent alors dans toute la France avec des slogans devenus célèbres : «Nos papas nous l’ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un Flaminaire» ou encore «Offrez-lui un Flaminaire, le briquet qui tient toutes ses promesses». Le succès est au rendez-vous. La campagne contribue largement à faire connaître cette fête auprès du grand public. Peu à peu, les commerçants s’emparent à leur tour de l’événement, qui s’installe durablement dans les habitudes des familles françaises.
Une fête officiellement reconnue
Face à cet engouement croissant, les pouvoirs publics décident de l’encadrer. En 1952, un décret fixe officiellement la Fête des pères au troisième dimanche de juin. Depuis, cette date n’a plus changé. Même si la publicité a incontestablement contribué à sa popularisation en France, cette journée demeure avant tout un moment de reconnaissance et de partage. Derrière les cadeaux et les repas de famille, elle rappelle la place particulière qu’occupent les pères dans la transmission des valeurs, de l’histoire familiale et des savoir-faire.
Il faut célébrer la fête des pères
On pense souvent à la fête des mères, moins à celle des pères. Pourtant c’est une occasion d’exprimer son amour filial. Peu importe l’âge, il y a toujours quelque chose d’émouvant à dire à son père qu’on l’aime. Et on ne parle pas forcément d’un grand discours : un geste, une fleur, un petit mot peuvent faire toute la différence.
Le rôle des figures paternelles aujourd’hui
La figure paternelle a bien évolué. Père biologique, adoptif, beau-père ou tuteur:la paternité prend aujourd’hui des formes multiples. Célébrer la fête des pères, c’est aussi reconnaître toutes ces nuances.
Une fête encore sous-estimée. Moins institutionnalisée que la fête des mères, celle des pères souffre parfois d’un manque d’attention. Pourtant, c’est une belle opportunité de revaloriser ces relations souvent plus pudiques mais tout aussi fortes.
Source: Paysans Loire
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