AU CAMEROUN : MIEUX VAUT UN ÂNE QU’UN AGRÉGÉ?
C’est la lancinante question polysémique et interpellative que pose Jean Lambert Bang, figure historique du journalisme sportif camerounais et voix emblématique du sport à la CRTV. Il est Rédacteur en chef du Desk Sports de 1985 à 2006. Il a commenté toutes les grandes campagnes des Lions Indomptables en CAN et Coupe du Monde de 1990 à 2004. Animateur de l’émission culte FOU FOU FOOT. Ancien Directeur Général de la Fédération Camerounaise de Football. Homme politique RDPC et depuis le 4 décembre 2025, il est maire de la commune de Minta dans la Haute-Sanaga, région du Centre.

Jean Lambert Nang recadre les agrégés camerounais
Le Cameroun est réputé pour être le pays où l’on dénombre le plus grand nombre d’agrégés au centimètre carré. On dit qu’ici, les intellectuels parlent comme des livres. Qui sont donc nos intellectuels? Que valent-ils réellement par-delà le ronflement de leurs thèses, soutenues sur des thématiques totalement en déphasage avec les préoccupations locales ?
Où se cachent nos soit-disants agrégés sortis des plus grandes universités de la planète ?
Alors que visiblement, notre pays traverse des crises qui impactent fortement le quotidien de leurs compatriotes, et qu’il apparaît clairement que ce n’est pas demain que l’on verra poindre le bout du tunnel, le silence de nos intellos, sur les propositions de sortie de l’epaisse brume est sidéral. On les voit plus plus préoccupés à regarder ailleurs qu’en direction de la maison qui suffoque.
Et sur quoi délirent-ils à longueur de débats épiques ? Sur le prochain vice-président. Sur le gouvernement, plusieurs fois annoncé et toujours attendu. Sur le football et ses accessoires. Côté proposition de sortie de la crise financière que traverse le pays : silence radio. Le ministre des Finances doit seul s’échiner à sortir le pays du gouffre. Pendant ce temps, les intellectuels s’adonnent à de funestes masturbations intellectuelles !
D’où nous viendra la lumière ?
Ne disposons-nous pas d’un Keynes, d’un Kahn, d’un Marshall, d’un Attali, dans cette broussaille de toges qu’on prend plaisir à exhiber sur les plateaux télé, sans retenue ni galanterie?
À quoi nous sert finalement cette population inerte de grosses têtes qui ne peuvent ni proposer des pistes ni résoudre les moindres équations des situations crisogènes que connaît notre pays ?
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