YAOUNDÉ : ORIGINE ET SIGNIFICATION DE 30 QUARTIERS EMBLÉMATIQUES
Yaoundé, encore dénommée « ville aux 7 collines » est la capitale politique du Cameroun. C’est le siège des institutions. Son origine et sa symbolique sont aussi évocatrices que certains de ses quartiers emblématiques. Morceaux choisis d’une trentaine…

Le nom de la capitale, Yaoundé dérive d’ « Owondo »(arachide), terme germanisé en « Jaunde » en 1888. Avant cela, le site se nommait « Ongola », ce qui signifie « la clôture » en langue béti. Voici l’histoire cachée derrière ses quartiers :
1. AWAE : Ce nom signifie « Repos » en langue ewondo. Durant les grandes migrations, ce lieu servait de carrefour et de zone de rassemblement où les populations s’arrêtaient pour reprendre des forces.
2. BASTOS : Le quartier porte le nom de l’industriel français Jean Bastos qui y installa une manufacture de cigarettes en 1936. Son nom traditionnel, aujourd’hui moins usité, est « Nkol Manguissa ».
3. BIYEM-ASSI : Il tire son nom de la rivière « Biyeme », combiné au suffixe « Assi » qui signifie « le bas ». Littéralement, cela désigne les habitations situées au pied de la colline, près du cours d’eau.
4. BRIQUETERIE : Ce secteur doit son nom à une usine de fabrication de briques implantée durant l’époque coloniale allemande. Initialement appelé Ekogodozog, il est aujourd’hui le cœur de la communauté nordiste.
5. ÉFOULAN : Issu de l’expression « Efoulan meyong », ce nom signifie « le brassage des populations ». C’était le lieu de résidence du chef supérieur Charles Atangana, où convergeaient toutes les tribus.
6. ÉLIG-EDZOA : Ce quartier fut fondé par Edzoa Mbédé, Chef de la tribu Emombo. La légende raconte qu’il était un sorcier si puissant que son nom seul imposait le respect et la crainte.
7. ÉLIG-EFFA : Il rend hommage à Effa Omgba Amougou Alphonse, un chef catéchiste influent de Mvolyé. À sa mort en 1939, les populations décidèrent de donner son nom au village qu’il administrait.
8. ÉLIG-ESSONO : Fondé par Joseph Essono Balla, un ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Il fut un chef traditionnel respecté qui dirigea les clans Mvog Ada et Ebounboun jusqu’en 1951.
9. ÉTOA-MEKI : En ewondo, ce nom tragique signifie « la mare de sang ». Il commémore l’exécution sanglante d’un résistant local, Onambélé Nku, décapité par les soldats coloniaux allemands.
10. ÉTOUDI : Situé au nord et abritant le palais présidentiel, son nom provient de la tribu Etudi. Ces populations se sont installées dans cette zone lors des vagues de migrations béti.
11. ETOUG-EBE : Ce toponyme se traduit par « Vieux gouffre béant » ou « vieille fosse ». Il fait référence à la topographie particulièrement accidentée et aux dénivellations marquées de cette partie de la ville.
12. KONDENGUI : Ce nom signifie « L’arène des gorilles ». (Konde : arène; Ngui : gorille). Les guerriers Mvog Ebanda y auraient trouvé de nombreux primates en s’installant sur ces terres.
13. MADAGASCAR : Ce nom populaire fut adopté suite au séjour de la délégation malgache lors de la Coupe des Tropiques en 1964. Une autre thèse l’attribue à la présence ancienne de tirailleurs venant de l’île.
14. MELEN : Au pluriel, « Alen » signifie « palmier à huile » en ewondo. Les colons allemands, ayant trouvé une forêt de palmiers, encouragèrent les locaux à en planter tout le long de la route.
15. MESSA : Le nom est le pluriel de « Assa », désignant le safoutier (prunier local). Autrefois, la zone regorgeait de ces arbres fruitiers dont les prunes étaient réputées pour leur saveur sucrée.
16. MIMBOMAN : Contrairement aux zones de simple passage, ce nom désigne une « installation définitive ». Il symbolise le lieu où les rencontres entre différentes lignées béti sont devenues permanentes.
17. MOKOLO : Ce nom provient d’une localité de l’Extrême-Nord du Cameroun. Il a été attribué suite au déplacement forcé de populations indigènes vers cette zone de brousse en 1923.
18. MVOLYÉ : Dérivé de « Mvol ayé »,qui signifie « promesse difficile à tenir ». L’anecdote raconte qu’un chef local peinait à rembourser ses dettes, rendant toute transaction avec lui laborieuse.
19. MVOG-ADA : Le quartier porte le nom des descendants de la femme Ada, épouse d’Otu Tamba. C’est l’un des clans majeurs issus de la lignée de Tsung Mballa.
20. MVOG-ATANGANA-MBALLA : Ce quartier symbolise le regroupement des descendants d’Atangana Mballa. Cette grande famille s’est établie dans la zone bien avant l’arrivée des explorateurs européens.
21. MVOG-BETSI : Signifiant littéralement « descendants de Betsi », le nom évoque aussi la « Contrée des animaux ». Le quartier a abrité très tôt une station d’élevage et, plus tard, un parc zoo-botanique.
22. NGOA-EKELLÉ : En ewondo, ce nom signifie « Pierre suspendue » ou « perchée ». Il fait référence aux formations rocheuses imposantes qui dominent le plateau de l’actuelle Université de Yaoundé I.
23. NKOLBISSON : Ce nom se traduit par « Colline des fourmis ». « Nkol » signifie colline et « Bisson » désigne une espèce de fourmis jaune-noires qui nichaient en abondance dans les bois environnants.
24. NKOLNDONGO : Signifiant « La colline du rabin », le nom vient de « Nkol » (colline) et « Ndong » (ravin). La légende raconte que cette colline effrayait les habitants à cause de ses pentes abruptes.
25. NKOMKANA : Étymologiquement, cela signifie « Le rocher de Kana ». Kana Mesa, un notable local, avait choisi d’établir son domicile sur cette colline particulièrement rocailleuse.
26. NSIMEYONG : Ce nom puissant signifie « L’épouvantail des populations ». Il faisait référence à l’autorité redoutée du chef Charles Atangana, dont le seul nom suffisait à impressionner les tribus.
27. NTOMBA : (Quartier traditionnel) Ce nom est souvent lié à la notion de mouton ou de douceur dans certaines variantes béti. Il désigne historiquement des terres de pâturages ou de calme.
28. NLONGKAK : Ce nom évoque une zone de forêt ou de grands arbres. Il fait partie de la ceinture historique entourant le centre administratif d’Etoudi.
29. OYOMABANG : Composé de « Oyom » (vieux) et « Abang » (campement), il signifie « vieux campement ». Il rappelle un ancien lieu de halte entouré de majestueux irokos où séjournaient les chefs de passage.
30. TSINGA : Originellement nommé Ntougou d’après une rivière locale, son nom actuel fut imposé vers 1936. C’est le siège historique des Mvog Ekoussou, un peuple déplacé durant l’urbanisation.
Source : Club perspective – Centre éducatif Bastos
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