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SNI : 200 MILLIARDS DE FCFA POUR TRANSFORMER L’ÉCONOMIE DU PAYS

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SNI : 200 MILLIARDS DE FCFA POUR TRANSFORMER L’ÉCONOMIE DU PAYS

200 milliards de fcfa. C’est l’objectif fixé par la Société nationale d’Investissement du Cameroun (SNI) pour relancer l’investissement et redynamiser l’Économie du pays.

La nouvelle mission de la SNI

La transformation de la Société nationale d’investissement (SNI) passe désormais du stade des textes à celui de l’action. Réuni le 12 mars 2026 à Yaoundé, le premier conseil d’administration de la SNI depuis sa mutation en société à capital public marque l’ouverture d’une nouvelle étape : celle de la mise en œuvre concrète de la réforme engagée par l’État camerounais.

Présidée par Johnny Razack, cette session inaugurale devait notamment examiner l’organisation interne de l’entreprise, planifier ses activités et poser les bases de sa nouvelle gouvernance. Mais au-delà de ces aspects administratifs, l’enjeu est plus large : faire de la SNI un véritable instrument public capable de soutenir l’investissement productif et la transformation de l’économie nationale.

D’un portefeuille public à un investisseur actif

Pendant de nombreuses années, la SNI a été perçue principalement comme une structure chargée de gérer les participations de l’État dans plusieurs entreprises publiques ou parapubliques. La réforme engagée en juillet 2024 vise précisément à rompre avec cette image.

En changeant de statut pour devenir une société à capital public, la SNI est appelée à fonctionner selon des standards proches de ceux des sociétés commerciales. L’objectif est clair : transformer l’institution en investisseur public actif, capable d’identifier, financer et accompagner des projets structurants.

Dans cette nouvelle configuration, la SNI devra orienter les financements vers des secteurs jugés stratégiques pour l’économie camerounaise, notamment l’industrie, l’agriculture, les mines, la finance, le commerce et les services. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

Un repositionnement institutionnel stratégique

La réforme s’accompagne également d’un changement de tutelle technique. La SNI quitte le giron du ministère en charge de l’Industrie pour être placée sous la supervision du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat).

Ce repositionnement institutionnel traduit une nouvelle vision du rôle de l’entreprise. La SNI n’est plus conçue comme un outil sectoriel, mais comme un instrument transversal destiné à financer la transformation économique.

La possibilité qui lui est désormais offerte de créer des filiales au Cameroun et à l’étranger renforce cette logique. Elle pourrait ainsi fonctionner comme une véritable holding d’investissement, capable de multiplier les opérations financières et de diversifier ses interventions.

Une gouvernance ouverte au secteur privé

La nouvelle composition du conseil d’administration constitue l’un des éléments clés de cette transformation. Outre les représentants de l’État, l’instance intègre désormais des figures du secteur privé et du monde financier.

Parmi les administrateurs figurent notamment Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), et Gwendoline Abunaw, directrice générale d’Ecobank Cameroun et présidente de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam).

Cette ouverture vise à introduire dans la gouvernance de la SNI une expertise plus proche des réalités du financement des entreprises, de la gestion des risques et de la rentabilité des investissements.

Des missions élargies et plus complexes

La réforme redéfinit profondément le périmètre d’action de la SNI. L’entreprise ne se limite plus à détenir des participations publiques. Elle devra également évaluer la viabilité économique et financière de certains projets, analyser la performance d’entreprises publiques, conduire des études diagnostiques et suivre l’exécution de contrats de performance.

Ses activités pourront aussi s’étendre à des segments jusque-là absents de son champ d’intervention, comme le capital-risque, le capital-développement, l’intermédiation boursière ou encore la gestion d’actifs.

L’objectif est de faire évoluer la SNI vers une gestion dynamique de son portefeuille : investir dans des projets prometteurs, accompagner leur croissance, puis arbitrer certaines participations pour réallouer les ressources vers de nouvelles opportunités.

Une recapitalisation de 200 milliards de FCFA

Pour soutenir cette ambition, l’État a décidé de renforcer considérablement les moyens financiers de l’institution. Le capital social de la SNI passe ainsi de 26,134 milliards de FCFA à plus de 226,134 milliards de FCFA.

Cette augmentation de 200 milliards de FCFA sera financée par le budget de l’État en quatre tranches annuelles de 50 milliards. Par ailleurs, la SNI pourra désormais générer des revenus à partir d’opérations sur les marchés financiers et monétaires, d’intérêts sur prêts ou encore de commissions liées aux garanties et aux activités de courtage.

La réforme prévoit également la dissolution de trois entités publiques dont les patrimoines seront transférés à la SNI, dans une logique de rationalisation des structures d’investissement public.

Le défi décisif de l’exécution

Malgré ces avancées institutionnelles et financières, la réussite de la réforme dépendra surtout de la capacité de la SNI à traduire ses nouvelles missions en résultats concrets.

Dans de nombreux pays, les transformations statutaires des entreprises publiques ne produisent pas automatiquement les effets escomptés. La performance dépend souvent de la qualité de la gouvernance, de l’autonomie réelle de décision et de la rigueur dans la sélection des projets.

Pour la SNI, l’enjeu sera donc de démontrer sa capacité à identifier des investissements viables, à mobiliser des financements et à accompagner durablement les entreprises.

L’heure de vérité pour l’investissement productif

Le conseil d’administration du 12 mars 2026 marque ainsi le point de départ de la phase opérationnelle de la réforme. L’État camerounais a redéfini les missions de la SNI, renforcé ses moyens financiers et renouvelé sa gouvernance.

La véritable épreuve commence désormais : celle de transformer ces ambitions institutionnelles en investissements productifs capables de soutenir la croissance et la transformation structurelle de l’économie camerounaise.

Source : afrikinfo

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Rédigé par
Jean Claude Fouda Yene - Directeur de Rédaction

Journaliste, Diplômé en Arts et Techniques de l’Audiovisuel, Expert en Communication des OSC, Promoteur Élémenterres.net Tél. 695 42 91 71 (WhatsApp) / 681 49 79 18

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