PAUL BIYA ORDONNE DES ENQUÊTES CONTRE DES PROCHES DE NGOH NGOH
Paul Biya ordonne des enquêtes explosives sur certains hommes d’affaires, proches de Ferdinand Ngoh Ngoh.
Au Cameroun, un scandale d’une ampleur inouïe secoue les hautes sphères de l’État, révélant un système de prédation méthodique où des hommes d’affaires sans scrupules, des ministres véreux et des directeurs généraux de sociétés d’État se sont livrés à un pillage organisé des deniers publics, avec la complicité du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh et de certains conseillers techniques qui montaient des dossiers imaginaires pour piller les caisses de l’État et la ligne 94. Le président Paul Biya a prescrit plusieurs enquêtes visant ces prédateurs, après avoir reçu une liste accablante, accompagnée de preuves irréfutables, documentant les transferts massifs de fonds publics vers des comptes personnels et des paradis fiscaux. Parmi les protagonistes de ce vaste réseau, un individu, proposé au chef de l’État par Ngoh Ngoh comme le relais financier entre le Bataillon d’intervention rapide (BIR) et la présidence, capable de faciliter les financements au niveau international : un certain M. Eran. Or, en réalité, les investigations révèlent que cet individu, qui se fait pompeusement appeler « commandant » sans jamais avoir reçu la moindre formation militaire, s’est transformé en prédateur du trésor public, et est en réalité le maillon central d’un système de blanchiment d’argent qui a permis de transférer des milliards de francs CFA vers des banques suisses et israéliennes.
L’affaire prend une dimension internationale. Le gouvernement israélien, alerté par des transactions suspectes ayant transité par l’ambassade du Cameroun en Israël, a mené ses propres investigations, confirmant l’existence de flux financiers anormaux. Une nouvelle enquête est désormais prescrite concernant plusieurs sociétés d’État, où cet opérateur israélo-libanais, agissant au nom du chef de l’État Paul Biya, a obtenu des marchés publics estimés à plusieurs milliards de francs CFA, en usant de trafics d’influence. Ce réseau de prédation a visé au moins neuf sociétés d’État, dont certaines sont des piliers de l’économie camerounaise. Le Port autonome de Douala, Camtel, la SCDP, l’ART, la CSPH et la Sonara figurent parmi les victimes de ces pratiques mafieuses. Camtel, en particulier, a été fortement traumatisée par ce prédateur, qui, bien qu’informaticien de formation, s’est improvisé conseiller en gestion financière, imposant ses décisions sans aucune légitimité.
Le président Paul Biya, informé de l’ampleur du pillage, a été très surpris d’apprendre que ce M. Eran, présenté comme un pseudo militaire, n’était qu’un imposteur. Les enquêtes en cours visent à déterminer l’étendue des détournements, qui pourraient atteindre des centaines de milliards de francs CFA. Des mandats d’arrêt pourraient être émis contre plusieurs hauts fonctionnaires et hommes d’affaires, tandis que les avoirs saisis en Suisse et en Israël pourraient être restitués au Trésor public. Cette affaire, qui fait écho aux scandales précédents comme celui du Covigate et de la Cangate, révèle une fois de plus l’impunité qui règne au sommet de l’État et la complicité active de certains proches du pouvoir dans le pillage des ressources nationales. Les Camerounais, exaspérés par ces pratiques, attendent que la justice fasse son œuvre et que les prédateurs soient traduits devant le Tribunal criminel spécial. La République ne peut plus tolérer que quelques individus, protégés par leur réseau d’influence, s’enrichissent sur la misère du peuple. Paul Biya, en ordonnant ces enquêtes, a ouvert une brèche dans le mur de l’impunité. Il appartient désormais à la justice de démanteler ce système de corruption et de rendre aux Camerounais ce qui leur a été volé. Car, comme le disent les citoyens, « il n’est pas possible que des pseudo milliardaires continuent de piller le Cameroun pendant que des millions de personnes vivent dans une pauvreté indécente ». La chasse aux prédateurs est lancée, et l’espoir renaît que la lumière soit faite sur ces crimes économiques. Le peuple, lui, attend des comptes, et il les aura. L’heure de la justice a sonné. Qu’elle soit implacable.
Jean-Pierre Senghor Hamadou
Expert en crimes économiques et ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale.
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