OUSMANE SONKO : UN DESTIN PRÉSIDENTIEL
Le 22 mai 2026, Ousmane SONKO est limogé par un décret présidentiel comme Premier Ministre du Sénégal. Un poste où il est nommé le 02 avril 2024 par Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE. Cette séparation des deux personnalités, témoigne à suffire des désaccords récurrents entre les deux alliés politiques d’alors.
L’homme et ses faits d’armes politiques
Il rejoint en 2014 le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) dont il devient le président jusqu’à sa dissolution en juillet 2023. Il est député à l’Assemblée nationale de 2017 à 2022 et maire de Ziguinchor de 2022 à 2024.
Candidat à l’élection présidentielle de 2019 sous la bannière de la coalition « Sonko président ». Il arrive troisième avec 15,67 % des voix, derrière les candidats Macky Sall, président sortant et Idrissa Seck. Mais il ne lâche pas prise.
Sérieux prétendant au fauteuil présidentiel, en février 2021, il est accusé de viols et menaces de mort avec arme à feu par Adji Sarr, une employée d’un salon de massage. Il dénonce cette accusation, la qualifiant de « tentative de liquidation politique » menée par le camp présidentiel. Son arrestation provoque de violents affrontements entre ses soutiens et la police, lors d’importantes manifestations en mars 2021.
Le 1er juin 2023, il est acquitté des accusations de viols et de menaces de mort, mais condamné à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse ». Le 4 janvier 2024, la Cour suprême confirme une condamnation à six mois de prison avec sursis qui avait été prononcée en mai 2023 par la cour d’appel pour diffamation du ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang.
Sa candidature à l’élection présidentielle de 2024 se trouve ainsi compromise par ces multiples condamnations et fait l’objet d’une bataille judiciaire. Le 20 janvier 2024, le Conseil constitutionnel sénégalais entérine, en publiant la liste définitive des candidats, la non-participation d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024. Sonko appelle, depuis sa cellule de prison, à travers des vidéos préenregistrées et publiées par sa cellule de communication, à soutenir la candidature de son collègue de travail et ami, Bassirou Diomaye Faye. Il est toutefois libéré en mars 2024, en pleine campagne électorale, en même temps que son bras droit Bassirou Diomaye Faye pour qui il va faire campagne à l’intérieur du Sénégal et qui est élu président de la République avec 54 % des voix au premier tour. Il est alors nommé à la tête du gouvernement par le nouveau président.
Sonko et son parcours professionnel
Inspecteur des Impôts et des Domaines de formation. Ancien Chef de Brigade de vérification fiscale, chargé du secteur immobilier. Ancien auditeur interne à la Direction du Contrôle Interne (DCI) de la Direction Générale des Impôts et Domaines (DGID). Fondateur du Syndicat Autonome des Agents des Impôts et Domaines. Premier Secrétaire général du Syndicat Autonome des Agents des Impôts et des Domaines, d’avril 2005 à juin 2012. Secrétaire général honoraire dudit syndicat depuis juin 2012.
C’est après seulement deux ans dans l’administration, que sa soif de justice le pousse à créer le Syndicat autonome des agents des Impôts et des Domaines (SAID). Un cadre qui lui a permis de se battre avec ses collègues pour améliorer sensiblement les conditions de vie et de travail des employés à tous les échelons. Ce qui n’a pas manqué de lui conférer une légitimité incontestable et une reconnaissance de ses pairs.
Homme de combat, Ousmane SONKO place la compétence, la rigueur et la probité au sommet de ses préoccupations. Décrit comme quelqu’un de très engagé, il a réussi a imprimé sa marque partout où il est passé au cours de sa carrière hautement honorable.
Parcours académique
Diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) du Sénégal, section « Impôts et Domaines », promotion 1999/2001. Il est titulaire d’une maitrise en droit public, de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint Louis (1999). DEA en finance publiques et fiscalité de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD 2003). Master 2 en Gestion et Finances Publiques de l’Institut Supérieur des Finances (ISF). Doctorant en droit public économique et fiscalité à l’Université Jean Moulin Lyon III.
Au regard de sa vision et son capital sympathie actuel, tout laisse croire qu’il a un destin présidentiel tout tracé. Par ailleurs, une réforme du code électoral adoptée par l’Assemblée nationale du Sénégal lui ouvre la voie à une candidature à la prochaine élection présidentielle, en 2029.
Jean Claude Fouda Yene
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