11 SEPTEMBRE 2001: 25 ANS APRÈS, LE CAMEROUN REFUSE D’APPRENDRE
Il y a 25 ans, deux avions s’écrasaient sur le World Trade Center de New York aux Etats-unis. Bilan officiel 3 000 morts sur le carreau.

Sur les raisons jugées insensées par certains internationalistes, Oussama Ben Laden qui a revendiqué l’acte est sans ambiguïté. Et il disait, je cite : Vous avez vos bases militaires chez-nous, en Arabie. Vous soutenez Israël quand on tue des Palestiniens. Vous soutenez nos dictateurs pour notre pétrole. Vous nous humiliez. Fin de citation.
Pour d’autres exégètes politiques, il n’a pas tué par plaisir de tuer. Il a tué par idéologie. L’idée qu’il fallait frapper l’empire fort pour venger le peuple faible.
Et il a ainsi réussi son deuxième pari. Celui de forcer l’Amérique à réagir par la guerre, à s’enliser en Afghanistan et en Irak, et à fabriquer encore plus de frustrés qui deviendront à leur tour des terroristes. C’est ça la mécanique du terrorisme.
Une idéologie qui veut donner un sens. Et une frustration qui crée une armée. Quand vous mélangez les deux, vous obtenez un jeune prêt à mourir.
Et c’est là que le Cameroun doit se regarder dans le miroir et envisager une profonde introspection.
En effet, le 12 octobre 2025, les Camerounais sont allés voter. On leur a promis un Vice-président, un nouveau gouvernement, l’emploi, la route, l’eau, l’énergie, la fin de la guerre au NOSO, bref de meilleures conditions de vie.
Nous sommes en septembre 2026. Onze mois plus tard, rien n’est fait. Le discours n’a pas bougé. Le gouvernement non plus. Toujours attendu dans les prochains jours. Ainsi que toutes les autres promesses qui commence à prendre de la poussière. Voire des toiles d’araignée.
Les populations piaffent d’impatience. La résilience cède peu à peu la place à la résignation : « On nous a encore trompés. »
« Le vote n’a servi à rien. »
Ce qu’il faut dire, ce n’est pas encore du terrorisme. C’est de la fatigue. De la lassitude dangereuse.
Ce n’est pas la pauvreté qui fait le terroriste. C’est le sentiment d’injustice et d’humiliation.
Le sentiment que l’État est sourd. Les dirigeants, indolents et méprisants.
Le Cameroun n’est pas l’Amérique de 2001. Certes. Mais il fabrique, chaque mois d’attente, les mêmes promesses non tenues, des abus impunis, et des jeunes qui n’ont plus rien à perdre.
Le 11 septembre nous apprend une chose : on ne combat pas le terrorisme seulement avec des armes. On le combat en coupant la frustration à la racine. Pas avec un bataillon de plus. Mais avec une route qui est faite. Un concours qui est transparent. C’est une promesse post-12 octobre qui est tenue.
Faute de quoi, l’irréparable peut survenir. Le pays doit apprendre des expériences venues d’ailleurs. Fussent-elles de l’Amérique si loin, et pourtant si proche.
Jean Claude Fouda Yene
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