FAMILLE, OÙ ES-TU AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD?
L’orgueil, l’avarice, la luxure, la colère, la gourmandise, l’envie et la paresse. Voilà les 7 péchés capitaux qui ont définitivement eu raison de la solidarité légendaire africaine. C’est une société de plus en plus « occidentalisée » et fortement marquée par de « nouvelles valeurs ». Soit! Mais rien cependant qui augure des lendemains meilleurs pour nos familles. Tenez, vous êtes issus d’un même ventre symbolique. Élevés sous le même toit. Nourris des mêmes valeurs : amour, unité, solidarité, partage, pardon. Et pourtant…
Dix ans. Vingt ans. Trente ans. Parfois cinquante.
Les regroupements familiaux se font occasionnellement. Pour des annonces et collectes diverses. Si ce n’est par groupes whatsapp où certains membres se contentent de lire tout simplement. Les ponts sont coupés. Les voix se taisent. Les portes se ferment. Les enfants grandissent sans se voir, sans même savoir qu’ils sont frères et sœurs (cousins).
Dans les cas les plus tragiques, vous vous souhaitez le mal, l’échec, la ruine, parfois même la mort.
Puis un jour, la mort frappe.
Et soudain, dans une ferveur morale aussi bruyante que tardive, ceux qui n’ont jamais eu la lucidité, ni volonté et le courage d’organiser la paix se lèvent les premiers :
• « C’est ton frère ».
• « C’est ta sœur ».
• « Ne fait pas honte à la famille ».
• « Devant la mort, il faut savoir taire les querelles ». Vraiment ?
La question fondamentale n’est pas d’aller au décès. La vraie question est : à quelle fin?
– Pour sauver les apparences ?
– Pour apaiser la conscience ?
– Pour offrir au village un spectacle inutile d’unité factice ?
Se rendre aux funérailles d’un frère avec qui l’on n’a pas échangé un mot depuis vingt ou trente ans… cela sert à quoi ? Mieux : cela sert à qui ?
– À l’honneur ? Non.
– À la vérité ? Encore moins.
– À la paix ? Certainement pas.
Car la paix ne se négocie pas devant un cercueil. La réconciliation non plus, ne se signe pas sur une tombe.
– Où étaient les grands oncles, les tantes respectées, les amis influents, les sages autoproclamés, lorsque la discorde rongeait la fratrie ?
– Où était leur autorité morale lorsqu’il fallait convoquer le palabre, asseoir les protagonistes sous l’arbre à parole, ouvrir les cœurs, purger les rancunes et trancher ?
Pourquoi la médiation devient-elle urgente uniquement quand le corps est froid ?
Est-il raisonnable de chercher la paix avec un frère mort, alors que la vie offrait encore le temps, la voix et la possibilité de réparer ?
La vérité est dure, mais elle est simple : certaines familles préfèrent l’hypocrisie rituelle à la vérité vivante.
On pleure ensemble celui qu’on n’a pas su aimer de son vivant. On honore, à coups de dizaines de millions et d’un somptueux cercueil, celui qu’on a ignoré pendant des décennies dans la pauvreté et la maladie. On proclame l’unité sur la tombe, après avoir cultivé et soutenu la division dans les salons.
Et ensuite, on s’étonne que la famille ne prospère pas.
Mais la prospérité familiale n’est pas magique. Elle est spirituelle, sociale et morale.
Une famille prospère quand elle est unie. Elle prospère quand elle règle ses conflits avant qu’ils ne deviennent des malédictions. Elle prospère quand elle regarde dans la même direction, même si les chemins diffèrent.
La famille, ce n’est pas un nom. Ce n’est pas un patronyme inscrit sur une pierre. Ce n’est pas une photo alignée au salon.
La famille, ce sont des liens et des actions
Et lorsqu’un lien est rompu sans être réparé, c’est une fibre du tissu ancestral qui se déchire.
Lorsque tous les liens se brisent, le nom demeure… mais la famille, elle, a déjà cessé d’exister.
Ignorer cette réalité, c’est condamner sa descendance à hériter non pas d’un patrimoine, mais d’une fracture appelée à se perpétuer encore et encore.
La famille ne meurt pas quand un membre disparaît.
Elle meurt quand l’amour cesse d’être pratiqué. Elle meurt quand la fierté prend le trône du pardon. Elle meurt quand la parole cesse de circuler.
La mort n’est pas le scandale. Le véritable scandale, c’est l’indifférence organisée. Voilà la gangrène vicieuse qui ronge nos liens.
Réconciliez-vous avant le cercueil. Parlez-vous avant le silence définitif. Réparez tout avant l’irréparable.
Car devant les ancêtres, on ne peut pas tricher. Et devant nos enfants, il serait honteux de mentir.
Source: Internet
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