AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : L’ÉTAU SE RESSERRE SUR AMOUGOU BELINGA ET BRUNO BIDJANG.
Au cœur de l’audience tenue hier 16 décembre 2025, deux noms ont cristallisé toutes les tensions : Jean-Pierre Amougou Belinga et Bruno Bidjang. Appelé devant la barre, pour comprendre l’implication de l’assassin Bruno Bidjang dans l’assassinat de Martinez Zogo, Paul Daisy Biya qui est le quatorzième témoin a être entendu dans cette affaire a craché le morceau.
Selon le témoignage de ce dernier, Martinez Zogo accusait ouvertement Amougou Belinga d’avoir orchestré son incarcération, affirmant que le patron de Vision 4 avait usé de son influence pour le faire jeter en prison, avant de le laisser sortir, non par clémence, mais par calcul. Dès lors, la rupture est totale : Martinez Zogo ne reconnaît plus en Amougou Belinga un homme d’affaires respectable, mais un ennemi à affronter, un prévaricateur de la fortune publique avec la complicité de ses amis au sein du sérail, notamment Louis Paul Motaze, Mvondo Ayolo, Laurent Esso etc.
Les faits accablants
Tout au long de son exposé au Tribunal militaire de Yaoundé, Paul Daisy Biya a dit que Martinez Zogo avait été verbalement violent envers le Dcc Samuel Mvondo Ayolo qu’il considérait comme le principal auteur de son incarcération. Il avait fait la confidence à Paul Daisy Biya que c’était Jean-Pierre Amougou Belinga qui l’avait envoyé en prison. Comment le savait-il ? Martinez Zogo lui a répondu que c’est son ami Nyassa Soleil qui le lui avait dit. Qu’à cette époque, Samuel Mvondo Ayolo ne voulait plus voir Amougou Belinga. Pour plaire à nouveau à ce dernier, il avait profité du dossier de l’épouse de Samuel Mvondo Ayolo contre Martinez. Jean-Pierre Amougou a eu à faire pression sur l’ancien Procureur de la République, Georges Gérard Meka. Cependant, pour satisfaire Jean-Pierre Amougou Belinga, Monsieur Georges Gérard Meka a envoyé Martinez en prison. Cependant, il a veillé à ce que Martinez Zogo ne reste pas longtemps en prison. Voilà pourquoi il avait laissé faire.
Martinez Zogo, dans ses confidences à Paul Daisy Biya, lui avait dit qu’il allait en découdre. Quelques temps après, il avait envoyé des documents compromettants concernant les marchés publics fictifs portant le nom de l’une des sociétés de ce dernier, accompagnés d’une lettre de dénonciation adressée au CONSUPE au même Paul Daisy Biya.
Entrée en scène de Bidjang
Puis, l’entrée en scène de Bruno Bidjang. Paul Daisy Biya, qui voulait aussi jouer à cette époque le rôle de médiateur entre Martinez Zogo et Jean-Pierre Amougou Belinga, avait pour point focal Bruno Bidjang avec qui il échangeait fréquemment sur WhatsApp. C’est comme ça qu’il va lui transférer le document de dénonciation des marchés fictifs. Bruno Bidjang va répondre : « Tara, laisse-le faire… On a mieux à faire. » Dans son témoignage, Paul Daisy Biya a dit que Bruno Bidjang lui a envoyé un autre message ferme : « Tara, ton type qui a recommencé là, quand on va réagir, ce sera sans pitié. » Un « sans pitié » qui a eu raison de Martinez Zogo. D’où son inculpation dans cette affaire d’assassinat pour « conspiration de torture ». Chef d’accusation qui existe par ce témoignage qui vient de lever le secret avec une question à la clé : Que fait Bruno Bidjang en liberté ?
Autres journalistes visés
Un autre nœud du problème, Paul Daisy Biya a transmis un lien dont il avait pris sur le compte Facebook fantôme de Martinez Zogo, avec pour teneur : « Après avoir incarcéré Martinez Zogo, Jean-Pierre Amougou Belinga est en train de planifier son assassinat, ainsi que celui de Paul Chouta, Haman Mana, Dieudonné Mveng etc ». Plus tard, Martinez Zogo a été assassiné. Paul Chouta et Haman Mana étaient obligés de quitter le pays avec l’aide des organismes de défense et de protection des journalistes.
Malgré ses dénégations à la barre, Bruno Bidjang se heurte à un témoin constant et cohérent. Les échanges, les messages et les avertissements convergent. L’étau se resserre. Quant à Amougou Belinga, malgré ses tentatives de diversion et d’autojustification, son nom demeure indissociable de la chaîne d’événements qui a précédé la mort du journaliste. Surtout que Justin Danwe, le chef du commando ayant enlevé et assassiné Martinez Zogo, a affirmé plusieurs fois qu’il avait reçu une avance de 2 millions de fcfa de Amougou Belinga pour « donner une leçon à Martinez Zogo ». Le même Danwe avait affirmé s’être personnellement rendu à l’immeuble Ekang pour remettre les vidéos des sévices infligés au journaliste à Amougou Belinga. Une version reconnu par la secrétaire du Pdg du groupe l’Anecdote qui avait par ailleurs ajouté que c’est elle qui avait paramètré le IPhone dans lequel Amougou Belinga a reçu ces vidéos. Toujours selon Justin Danwe, après avoir reçu lesdites vidéos, Amougou Belinga lui a dit que c’est comme ça que Martinez devait finir et qu’il devait les transmettre au ministre Motaze qui se sera sans doute très content et le récompensera.
Ces témoignages ne livrent pas toute la vérité, mais ils éclairent une zone sombre où menaces, influence, instructions et silence semblent avoir scellé le destin de Martinez Zogo.
L’audience a été renvoyée à le 17 décembre 2025.
Source: Paul Chouta
Laisser un commentaire