CAMEROUN : FERMETURE DES SITES MINIERS ILLÉGAUX
Le ministre des Mines, des Industries et du Développement technologique du Cameroun (Minmidt), Fuh Calistus Gentry, vient d’ordonner la fermeture immédiate des sites miniers artisanaux et sémi-mécanisés sans autorisation en rappelant aux opérateurs dudit secteur d’activité de se conformer aux normes légales et environnementales. C’est à la faveur d’une décision rendue publique en date du 6 janvier 2026.
Lutter contre l’opacité et la contrebande au sein de la filière aurifère nationale. C’est l’objectif de cette décision qui s’inscrit dans une stratégie plus large de reprise en main d’un secteur longtemps abandonné aux circuits informels et aux sorties illicites de ressources.
Cette offensive gouvernementale fait suite aux révélations du rapport ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) 2023, qui met en évidence un écart abyssal entre les exportations officiellement déclarées par le Cameroun, soit 22,3 kg d’or et les données internationales faisant état de plus de 15 tonnes d’or camerounais enregistrées à l’importation, notamment aux Émirats arabes unis. Un déséquilibre que les autorités qualifient de spoliation économique, aux lourdes conséquences pour les finances publiques.
Dans un communiqué radio-presse diffusé le 29 décembre 2025, le ministre des Mines par intérim, Fuh Calistus Gentry, reconnaît que cette situation découle en grande partie de la prédominance d’une exploitation artisanale largement informelle, combinée à la porosité des frontières et à l’absence de mécanismes de traçabilité efficaces. Des failles structurelles qui ont favorisé l’émergence de réseaux de contrebande transnationaux.
Face à ce constat, le gouvernement réaffirme le rôle central de la Société nationale des mines (Sonamines), seule entité légalement habilitée à acheter et commercialiser l’or produit sur le territoire. Son renforcement institutionnel, technique et financier constitue l’axe principal de la nouvelle gouvernance minière, aux côtés de la modernisation des outils de suivi de la production et de l’accélération de l’exploitation industrielle jugée plus contrôlable.
Les autorités soulignent que cette politique commence déjà à produire des effets, avec une augmentation des réserves nationales d’or de 37 kg, portant le stock à près de 1 500 kg. Le Cameroun ne tolérera plus que ses ressources stratégiques alimentent des marchés extérieurs au détriment de sa souveraineté économique.
Dans un contexte africain de remise en cause des modèles extractifs hérités, cette reprise en main de l’or camerounais s’inscrit dans une volonté assumée de restaurer la transparence, de sécuriser les recettes publiques et de repositionner l’État comme acteur central de la gouvernance de ses richesses naturelles.

Source : Minmidt
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